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Participation à la fête bi-annuelle organisée dans les magnifiques montagnes du Mercantour. 103 km prévus, finalement réduits à 80 km à cause de prévisions météo défavorables. Quatre irréductibles coureurs du MTC (Jean Marc, Tibichique, Olivier et Pierre pfx) au départ ce samedi à 4h du matin pour affronter les 6200 m de dénivelé cumulé positif.    En ce qui me concerne c'est la troisième participation, les deux premières couronnées de succès avec la "polaire finisher" en guise de trophée. Nous sommes assez bien préparés et aguerris aux difficultés qui nous attendent. Le mauvais temps prévu reste quand même un sujet d'inquiétude, quelle température à plus de 2300m ? Suffisamment de protections vestimentaires ? Le sac à dos reste et doit rester petit par le poids et la taille car il faut courir avec bien longtemps.   Un lever de soleil resplendissant dans la matinée du samedi, << mon dieu que la montagne est belle >> On va échapper à ces vilaines prévisions météo.  
  Tout se gâte en début d'après-midi avec de gros nuages qui nous agressent d'une pluie de grélons comme des petits pois.  L'ambiance rétrograde d'un cran. Tout devient plus difficile. Le vent, le froid en altitude, les chocs des grélons en particulier sur la tête, ça fait mal !! Le dénivelé important, la distance d'origine réduite de 20 km mais avec un dénivelé positif identique. Toutefois mon passage aux points de contrôles se fait dans de bonnes conditions. Mon souci était de ne pas dépasser les temps éliminatoires sous peine d'élimination du classement. Tout va bien, j'ai plusieurs heures d'avance, pas de pression donc, je peux gérer ma course sans stress.  Suivant l'exposition dans le massif, le froid reste très supportable ou bien handicapant. Comment va se passer la nuit qui vient ? J'ai pour objectif de boucler en 24h donc une arrivée dimanche à 4h du matin. Mental et physique en bon état, le pari devrait être réalisable, il me faut cette troisième polaire "finisher" à ranger à coté des deux autres. Dernière partie à partir de 22h au refuge de la Madone. La nuit vient de tomber et le temps qui s'était calmé reste menaçant.   La nuit en haute montagne il ne faut pas partir seul et avec Henri, un ami trailer, nous décidons de faire équipe jusqu'à l'arrivée. On ne se quitte plus. Grand bien nous en a pris car les choses se gâtent. Des éclairs d'orage tout azimut, la grêle, le vent violent, le froid mordant. Le passage des sommets se fait dans un sentiment d'insécurité qui nous soude l'un à l'autre. Plus question d'accentuer le danger en prenant des photos. D'ailleurs je n'y pense même plus. Le balisage lumineux des organisateurs est très bien fait et la grande vigilance qui est la nôtre nous permet de suivre sans erreur le parcours avec précision. A ce moment là, le plaisir est considérablement émoussé et terminer sain et sauf est l'unique objectif. Malheureusement pour trois de nos compagnons d'aventure ce ne sera pas le cas et les circonstances font qu'ils y perdront la vie. Mais nous ne saurons cela que le lendemain après midi. La boucle verrouillée en 23h. Un petit sommeil réparateur avant d'apprendre la terrible nouvelle. La fête devenue drame épouvantable. Infinie tristesse pour nos compagnons disparus et leurs familles si durement touchées. J'adresse mon soutien aux organisateurs de l'évènement juridiquement impliqués. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ci-après, la lettre qu' Henri, mon compagnon de route, leur a adressé et que je cautionne. << J’ai été épouvantablement touché par le drame qui a endeuillé notre course, ces trois personnes qui étaient le matin au départ avec nous, pour le même plaisir, et que nous avons sans doute côtoyées au cours de notre périple….,avant de les perdre dans la nuit… Terrible, cruel, et tellement injuste pour eux, et nous tous…. Je tiens à adresser toutes mes condoléances à leurs familles et proches dans ces moments de si grand désarroi devant la brutalité de ces départs, et vous apporter à vous, organisateurs et bénévoles, tout mon soutien et mon amitié. Après réflexions, je souhaite justement vous relater ma fin de course dans la terrible nuit du 20/21, et vous rassurer sur la qualité de votre organisation qui, sans être infaillible-mais cela n’est malheureusement pas de ce monde-, m’est apparue irréprochable en tous ses points essentiels. Je suis arrivé, après une journée des plus difficiles (car la forme n’était vraiment pas au rendez-vous), au refuge de La Madone un peu après 21H. Comme je souhaitais, malgré tout, terminer ce raid, j’ai décidé, et les bénévoles m’ont énormément poussé dans ce sens- y compris G Millet qui se trouvait là-, de prendre un moment de repos et bien me restaurer avant de repartir (un bénévole m’a même invité à m’allonger quelques minutes sur l’un des matelas disponibles, ce que j’ai refusé).Après quelques temps est arrivé un coureur de connaissance en la personne de P. Fauroux. Etant d’un naturel soucieux, voire craintif et donc prudent, en milieu montagnard, je lui ai immédiatement proposé de repartir ensemble, ce qu’il a accepté. Plusieurs bénévoles nous ont alors recommandé, avec assiduité, de nous couvrir le plus chaudement possible pour repartir, ce que nous avons fait l’un et l’autre puisque nous avions laissé un sac avec tenues de rechange en dépôt sur ce refuge, tel qu’il avait été très fortement conseillé de le faire, et sur le site de la course, et lors des retraits de dossards, par le groupe organisateur. Je suis donc reparti en ce qui me concerne avec sweat manches- courtes plus sweat manches-longues et vêtement de pluie sur couvre-chef, environ trois-quart d’heures après mon arrivée. Après le très mauvais temps, à savoir la nuée de grêle et les fortes rafales de vent froid, essuyé sur les crêtes en après-midi, nous avons été relativement surpris de reprendre la route avec un temps très frais et venteux, mais plutôt sec, il devait être alors environ 22H ; peu de traces d’orage au tout départ de ce dernier tronçon de course. Nous avons aperçu les premiers éclairs côté «Cote» durant la première partie de la montée, mais, d’abord, sans l’accompagnement des grondements de tonnerre, ce qui nous a fait pensé que l’orage était très loin, et nous avons même prié ensemble pour qu’il en reste ainsi durant toute la nuit ??? Malheureusement, l’orage est également monté ensuite sur notre droite et face à nous, devenant vite assez intense, alors que nous terminions cette première partie de montée : de violentes bourrasques et nuées de grêle sont alors arrivés rapidement sur nous à l’approche de la Cime du Pisset et durant la traversée du Pas des Roubines en direction du Piagu. Je dois avouer que, si, à ce moment, la pensée de rebrousser chemin m’est venue à l’esprit, je l’ai immédiatement repoussée, et le fait de ne pas être seul en ces moments m’a certainement conforté dans cette décision. Sur ce tronçon, la visibilité étant très mauvaise, nous avons dû redoubler de vigilance, ne quittant une balise réfléchissante que lorsque nous étions certains de l’emplacement et de la direction à suivre pour rejoindre la suivante, et c’est mon compagnon de route qui a géré, en avant, l’essentiel de cette traversée. Il est à noter que nous avons été rejoints par une autre équipe et par deux coureurs isolés à qui nous avons proposés de poursuivre un moment avec nous, mais qui ont préféré continuer seul ! La fin de traversée nous a été rendue plus aisée par la mise en évidence de la situation du bénévole qui « pointait » au pied du Piagu, au moyen d’un feu allumé à son côté droit et deux lumières de «frontales» à son côté gauche, ce qui nous évitait la recherche tant assidue des balises réfléchissantes en ce lieu et dans cette tempête. Ce dernier nous a proposé de nous « pauser » auprès du feu, si nous le souhaitions, et, à notre refus, nous a indiqué le chemin à suivre pour accéder à la Cime du Piagu et rejoindre la dernière descente. La montée à la Cime a été réalisée en pleine bourrasque de grêle et neige et a vraiment requis un maximum d’attention et de concentration, mais nous avons dépassé très rapidement le sommet pour découvrir que nous étions, d’un seul coup, abrités naturellement de la tempête, –diminution de la force du vent et apparition rapide de la pluie en lieu et place de la grêle-. Nous avons ainsi rallié l’arrivée par une descente qui devenait, somme toute, classique et presque facile… Amitiés à tous L’évolution de chaque individu n’est-elle pas déterminée par ses prises de risque et dépassements de soi-même, aussi fous, aussi minimes ou inutiles puissent-ils apparaitre aux autres ? L’évolution de notre humanité n’a existé et n’existe que par la réunion de ces évolutions, et, heureusement, nul ne pourra l’arrêter…. Un traileur (justement craintif) parmi bien d’autres. Henri JOYER. >>
Ci dessous le complèment à cette lettre que j'ai aussi envoyé aux organisateurs: " C'est à partir du refuge de la Madone que j'ai fait route commune avec Henri. Nous étions solidaires dans cette fin de parcours rendue difficile , je suis également solidaire pour approuver totalement le récit qu'Henri relate. J'apporte mon soutien aux organisateurs dévoués confrontés à ce terrible drame. Mes condoléances bien sur aux familles des disparus." Pierre FAUROUX. La Ciotat.. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
LE DIAPORAMA Le classement des MTC | 14 | JANIN OLIVIER | 13:20:46 | SEM - Marseille trail club | | | 45 | DEVEY JEAN-MARC | 15:27:17 | V2M - Marseille trail club | | | 333 | FAUROUX PIERRE | 23:05:06 | V3M - Marseille trail club | | | 340 | LU-YUN JACQUELINE | 24:00:22 | SEF - Marseille trail club | et | 330 | JOYER HENRI | 23:04:41 | V2M - Courir ? st cyr | |